Roumena Schindler-Kolarova

Extrait de la nouvelle

"Il était une fois"

Son père ne saurait jamais céder. Impossible! C'était tout simplement impossible de lui en parler, ou de se marier contre son avis.
Or, pourrait-elle sacrifier Zakhary? Que faire? Feindre l'impitoyable coquette comme ce rocher qui se dressait hautain près de la plage?! La mer, éprise de lui, la cajolait, tantôt doucement, tantôt d'une vigueur plus osée et s'efforçait de l'emporter avec elle. Mais le rocher restait inaccessible. Alors la mer relâchait son étreinte, se retirait, juste un peu, pour s'élancer à nouveau d'un élan redoublé ensuite. Les vagues déferlaient, se succédaient, reculaient er se rattrapaient, mais le rocher restait intact. De temps en temps il laissait tomber quelques grains de sable dans la mer: quelques vains espoirs minuscules. Le temps passait. Des jours, des semaines, des mois ... des siècles s'écoulaient sans que le rocher bouge, sans que la mer s'apaise. Ils étaient déçus tous les deux, malgré qu'ils sachent qu'ils s'appartenaient l'un à l'autre. Comment ce fait-il que les mers s'éprennent-elles des rochers sur leurs littoraux? Ne savent-elles pas qu'elles ne pourront jamais les posséder?

Extrait de la nouvelle "Il était une fois", Edition Ab : Sofia, 2003, p. 11, ISBN 954-737-378-1

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